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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 10:37

Vigan rien ne s'oppose à la nuitJC Lattès, août 2011

 

Lauréate Prix du roman Fnac 2011.

Lauréate Prix roman France télévision 2011

Deuxième sélection prix Goncourt et Fémina 2011
Première sélection prix Renaudot et Médicis 2011.
Prix des lecteurs des Ecrivains du Sud 2012. Sélection. 


Septembre: la saison des prix est lancée et le 31 août le prix du roman Fnac ouvre la danse. Le 10ème prix du roman FNAC est attribué à Delphine de Vigan pour son livre sensible et émouvant sur sa mère et sa famille "joyeuse et dévastée". Et puis, comme des dizaines d'auteurs avant moi, j'ai essayé d'écrire sur ma mère.


Il fait partie des livres que j'attendais. Je ne me presse pas de le finir: c'est un beau livre, très personnel, un livre coup de poing. Elle raconte la vie de sa mère, jusqu'à son suicide. (     ): "Elle a choisi de s'endormir" (pourtant j'ai lu Françoise Dolto). Quelques semaines plus tard, mon fils me rappelait à l'ordre: un chat s'appelait un chat. Grand-mère s'était suicidée, oui, foutue en l'air, elle avait baissé le rideau, déclaré forfait, lâché l'affaire, elle avait dit stop, basta, terminado, et elle avait de bonnes raisons d'en arriver là.


Elle raconte également la vie de sa famille depuis ses grands-parents, jusqu'à sa soeur et elle, grande famille d'apparence joyeuse et révèle peu à peu les fissures, les violences morales et physiques, les morts, qui conduisent sa mère à la folie et au suicide. La douleur de Lucile a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d'adulte, la douleur de Lucile est sans doute ce qui nous constitue, ma soeur et moi.

Elle raconte car dans une famille tout se sait inconsciemment et en parlant, elle brise le cercle néfaste . J'ignore au fond quel est le sens de cette recherche, ce qui restera de ces heures passées à fouiller dans les cartons. (     ) J'ignore à quoi c'est dû.


D'une manière très personnelle, elle entrecroise son récit de passages où elle relate ses difficultés à l'écrire, ses recherches auprès des membres de sa famille. Elle montre le prix qu'elle doit payer pour l'écrire. Elle transforme ce récit en véritable enquête. Alors, j'ai demandé à ses frères et soeurs de me parler d'elle, de me raconter. Je les ai enregistrés, eux et d'autres, qui avaient connu Lucile et la famille joyeuse et dévastée qui est la nôtre. J'ai stocké des heures de paroles numériques sur mon ordinateur, des heures chargées de souvenirs, de silences, de larmes et de soupirs, de rires et de confidences.


Le style est fluide, beau, particulièrement émouvant, percutant. Son écriture si particulière donne un livre qui nous habite longtemps. Et puis, j'ai appris à penser à Lucile sans que mon souffle en soit coupé: sa manière de marcher, le haut du corps penché en avant, son sac tenu en bandoulière et plaqué sur la hanche, sa manière de tenir sa cigarette, écrasée entre ses doigts, de foncer tête baissée dans le wagon du métro, le tremblement de ses mains, la précision de son vocabulaire, son rire bref, qui semblait l'étonner elle-même, les variations de sa voix sous l'emprise d'une émotion dont son visage ne portait aucune trace.

J'ai pensé que je ne devais rien oublier de son humour à froid, fantasmatique, et de sa singulière aptitude à la fantaisie. 

 

C'est un livre étrange: il est inspiré de la vie réelle d'une famille et pourtant les acteurs semblent être des personnages. Je crois que Delphine de Vigan a choisi ce qu'elle raconte, qu'elle ne raconte pas tout, qu'il y a des trous dans son récit. Par exemple, je n'ai pas compris comment son grand-père , après avoir été présenté comme un homme formidable, se retrouve soudain dans la peau d'un monstre. Cette dualité m'a dérangée.
C'est un livre étrange: il est inspiré de la vie d'une famille toxique, et pourtant il parle à chacun de nous. Le talent de Delphine de Vigan nous implique dans son combat pour venir à bout de cette épreuve qu'elle s'impose, écrire sur sa famille, et dans son autre combat, survivre dans ces souffrances familiales.


Le très beau titre est tiré d'une chanson de Bashung : "Osez Joséphine", un artiste dont elle dit écouter les chansons en boucle, et s'est imposé à elle.
La photo de couverture représente sa mère: photo magnifique, couverture très marquante.


 

Ecoutez-la sur Auteurs.TV

 

Bibliographie:

Jours sans faim , 2001.

Les jolis garçons, 2005.

Un soir de décembre, 2005.

No et moi, 2007. (400 000 exemplaires vendus) Prix des libraires 2008.

Les heures souterraines, 2009. (100 000 exemplaires vendus en édition première) Prix du roman d'entreprise 2009.

Rien ne s'oppose à la nuit, 210 000 exemplaires depuis le 17 août, en 3ième place de la vente des romans.

      Ces chiffres sont extraits de Livres Hebdo au 3 novembre 2011.

 


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Published by Pichenette - dans Lectures
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commentaires

sophie57 26/09/2011 21:38



j'en suis à la moitié,je m'arrête un peu, je suis bouleversée...



Pichenette 27/09/2011 08:47



Tu as raison de prendre ton temps: certains livres demandent une disponibilité d'esprit. Et restent en tête, même après les avoir reposés. Tu as vu, elle est sur toutes les sélections des grands
prix d'automne.


J'ai lu 4 livres de cette rentrée, les 4 m'ont plu, je ne sais pas si je pourrais faire un billet sur tous mais je rajoute: Pas d'inquiétude de Giraud, et Les revenants de Klapischke. Pour la
suite...



Fleur de soleil 03/09/2011 18:22



Et bien non, cette fois je ne suis pas convaincue, le sujet ne m'attire pas, trop sombre à mon goût.



Pichenette 04/09/2011 10:12



Très triste! Et tellement personnel que c'en est presque dérangeant. Mais quelle écriture fluide!



sophie57 02/09/2011 16:50



évidemment que je vais le lire...j'attends juste que ma soeur me le passe(j'espère qu'elle ne va pas non plus y passer tout le mois...) en ce qui concene cettte rentrée, j'ai qqs envies mais
je n'ai pour l'instant rien acheté.Cette espèce de frénésie me gonfle un peu, il n'y a pas le feu au lac, on peut aussi bien les lire dans trois mois, ils ne se seront pas envolés!(ceci dit
j'aurais acheté "Rien ne s'oppose à la nuit", faut pas pousser quand même!)



Pichenette 03/09/2011 15:06



Of course, on peut les acheter bien plus tard!!! Je me promets même tous les ans d'attendre les sorties en poche, ce que je fais pour certains. Mais je dois en lire un certain nombre dès leur
sortie pour le jury des Ecrivains du sud, pour le cercle littéraire et pour la ronde des livres. Donc, j'ai d'excellentes excuses pour céder sans remords à ma frénésie addictive d'achats en
librairie. Adieu le budget fringues! C'est un livre extrêmement émouvant. Tant de souffrances!



pyrausta 02/09/2011 15:55



là je ne crois pas que je vais te suivre.Les heures souterraines j'ai adoré mais là le theme me touche de trop pres pour que je m'y risque.



Pichenette 03/09/2011 15:01



C'est un livre autobiographique, très douloureux, poignant, un très beau livre. Elle y fait référence au très beau livre de Lionel Duroy, Le
chagrin, http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-chagrin_856028.html et du fait qu'il s'est fâché avec toute sa famille après l'avoir écrit. J'espère qu'il n'en sera pas de même pour
elle. 



Thomas 02/09/2011 14:11



Bonjour !


Merci beaucoup pour tes commentaires (et pour ton conseil concernant Beigbeder, je t'avoue qu'il m'a également énervé !)


Merci également pour ton lien, je vais aussi faire une liste de blogs, et tu seras bien évidemment listée !

Bele journée !


Thomas 



Pichenette 03/09/2011 15:16



J'ai également été encouragée lorsque j'ai créé mon blogue! Et le tien, tout neuf, est déjà de qualité et très agréable à lire. J'espère que nous nous donnerons de bonnes idées de lecture!



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Jurée du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud.
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