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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 16:02

P.D.James-La-mort-sinvite-a-Pemberley.pngMai 2012, Fayard

 

Suite et toujours pas fin de mon feuilleton de l'été: 

      La mort s'invite à Pemberley, P.D. James. 
      et  La mort s'invite à Pemberley, P.D. James. Suite et pas fin!

 

Contrainte et forcée, j'ai dû interrompre ma lecture à la page 67.


Contrainte et forcée, j'ai dû patienter( m'impatienter!!!) quelques jours avant de retourner dans l'antre de perdition préféré de mon porte-monnaie. Me voilà donc piteuse devant le libraire, tenant à la main l'objet incomplet de mes convoitises...

- "Allez donc le changer... et n'oubliez pas de vérifier les pages!"


Contrainte et forcée de constater que, à l'instar des commentateurs de blogues (1), le libraire ne manifeste strictement aucune compassion à l'égard de la lectrice-groupie interrompue intempestivement dans l'exercice de son péché mignon! La commisération est une vertu perdue dans ce monde de brutes!


(1) Je me permets de rappeller quelques piques de mes "amis"nautes: Normal, c'est l'automne, les feuilles tombent; C'est une farce de l'écrivain; Ben caisse queue tatan pour les écrire c 67 paje; Bah! t'étais pas à 10 pages près quand même!; J'adore ces feuilles qui tombent; J'ai une folle envie de me gausser; Permets-moi de rire de ta main malheureuse... 
Antigone II, roi de Macédoine; III° S. av. J.-C. avait raison: Dieu me garde de mes amis ; mes ennemis, je m'en charge.


Contrainte et forcée de constater que le fait de s'apparenter à la tribu des adoratrices de Darcy vous place d'emblée dans la catégorie des blondes sans cervelle: il ne me serait bien évidemment pas venu spontanément à l'esprit de vérifier la pagination du livre remplaçant.....Bien évidemment.........

 


humeur massacrante


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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 13:34

P.D.James-La-mort-sinvite-a-Pemberley.pngMai 2012, Fayard

 

Suite de mon feuilleton de l'été: La mort s'invite à Pemberley, P.D. James.


Enfin! D'un pas allègre et décidé, je convertis 22€ en 393 pages, enserrées dans une couverture bleu-gris-ciel d'orage, une belle photographie de château inquiétante illustrant le titre séducteur souligné d'un dessin stylisé de calèche de conte de fées.

D'ores et déjà, je subodorai que je serai déçue! Impossible de donner une suite à un conte romantique, sans briser la magie des premiers émois (1). En dépit de cette certitude, je me préparai à déguster cette intrigue policière qui exale un parfum de madeleine... Avec une délectation légèrement masochiste, laissant monter les souvenirs. Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse!

Je ne dirai rien des 66 premières pages.

A la page 67, je ne compris rien, relus, à nouveau, regardai la pagination, et constatai avec stupeur qu'il manquait 10 pages à mes 393 promises! Que croyez-vous que je fisse? Continuer? Que nenni!

Adepte de préceptes modernes de zénitude, je décidai d'emblée d'interrompre ma lecture et de l'ajourner.

Un échange de volume s'imposait...

 

 

 

(1) Cependant, Chantal Robillard a excellé dans cet exercice, brisant les tabous avec humour:  Les sept fins de Blanche-Neige 

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 19:11

P.D.James-La-mort-sinvite-a-Pemberley.pngMai 2012, Fayard

 

 

Mon planning est fait, aujourd'hui, c'est librairie, entre autres! Organisée, j'emmène le post-it préparé hier avec les titres de deux livres. Super woman est parée. 


Quand on a des amis qui se révèlent de vils tentateurs, il est parfois imposssible de résister à leurs conseils de lecture. Sophie et Richard se sont mis à deux pour vanter Le coup de la girafe de Camille Bouchard. Convaincants, non? Et quand Sophie rajoute: "coup de coeur" sur son article Les mémoires d'un oeuf de Sylvain Meunier, je me mets au garde à vous! Donc sur ma liste, un oeuf et une girafe!


Et me voilà arrivée! Dès que j'entre dans une librairie, il se passe une transformation étrange et radicale. Mes yeux se couvrent de 1500 facettes individuelles, gèrent 200 images/seconde, développent une vision panoramique et mosaïque de 360°. Mes capteurs exacerbés, ma vue perçante me permettent de déceler en un millionième de seconde tout nouveau titre intéressant.

Et là, mot magique: Pemberley!

Pemberley?
Non????
Miss Elisabeth Bennett, le ténébreux et arrogant Darcy, l'horrible Wickham?
Bref, le mythique Orgueil et préjugés de Jane Austen!


Telle une chasseresse aux aguets, je m'approche. Je ne rêve pas, le titre du livre est bien La mort s'invite à Pemberley! Quel génie, cette P.D.James! Elle a eu l'exquise idée d'inventer une suite policière au grand classique de 1813 de la grande Jane Austen. Et comme elle n'écrit jamais de romans très violents et développe l'environnement et la psychologie des personnages, elle ne va certainement pas trahir le monde romanesque, désuet et feutré qui caractérise Pemberley. Ce doit être absolument délectable!!!!!!!


Oubliés, Oeuf et Girafe! La mort s'invite à Pemberley est d'ores et déjà MON livre!


Je suis ressortie de la librairie, sans RIEN acheter (si, si!), trop contente de ma trouvaille et déterminée à laisser fondre doucement ce plaisir insidieux de l'attente le plus longtemps possible! Une pépite pareille, sans pareille! Je déguste et savoure...
Ou, autre version, chargée comme un bourricot, et croulant sous le poids des fruits et légumes achetés au marché, je suis ressortie sans acheter cette Mort tentatrice de peur qu'elle ne s'écrase entre betteraves et pêches! Frustrée et pestant contre notre maire qui ne répare pas les trottoirs, m'empêche de ce fait d'emmener mon caddie-mémé, et me bousille le dos!


A nous deux Darcy, et jusqu'à ce que je commence et finisse ma lecture, appelez-moi Elisabeth!

 

 

La mort s'invite à Pemberley, P.D. James. Suite et pas fin!

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 17:40

deschodt Laffont, août 2011

 

A la librairie, survol rapide des titres et des couvertures des livres exposés.
Rien n'attire mon attention jusqu'à ce que je revienne en arrière. Oui, mes yeux avaient bien déchiffré, mon cerveau avait bien enregistré cette incongruité: "Iphigénie Vanderbilt"!


En avant pour la 4ième de couverture:



"Henri était fiancé. Il avait vingt-quatre ans. Il sortait de Polytechnique. Il devait se marier dans un an. Les ingénieurs se marient souvent de bonne heure, surtout s'ils sont militaires.

'Le mariage est un pari que je ne voudrais pas perdre, reprit Henri sombrement.
- Qui le voudrait ? Qui veut perdre aucun pari ? dit Mathilde. 
- Il faut limiter les risques.. ., dit Henri. L'intuition ne suffit pas.
- Tout le monde peut se tromper.
- Maman n'a pas tort, Henri,
on peut prendre des précautions. 

- Précautions, quel mot affreux !
- Ne jamais épouser une Américaine, par exemple.
La fiancée d'Henri était américaine.

Nous sommes à Paris, en mai 1968. Henri Lebleu, élève de Polytechnique, fait la rencontre d'Iphigénie Vanderbilt, une jeune beauté américaine éprise de littérature française. Un an plus tard, les deux amants décident de se dire "oui" pour la vie. Chronique drôle et enthousiaste, Iphigénie Vanderbilt retrace quarante ans d'histoire franco-américaine comme on tourne les pages d'un album de famille. En fin observateur des moeurs contemporaines, Eric Deshodt livre, dans cette chronique du temps qui passe, une remarquable fresque sur la tolérance.


Je ne suis pas beaucoup plus avancée: le héros polytechnicien ne m'emballe pas mais il y a cette phrase impertinente: Les ingénieurs se marient souvent de bonne heure, surtout quand ils sont militaires. Ca, ça me plait beaucoup!
Alors, j'ouvre la première page:

« - Les hommes lassent-ils autant les femmes que les femmes les hommes ? demanda Henri.
- Lasser ? fit Mathilde.
- Oui. Fatiguer, si tu préfères.
- J’aime bien « lasser », mais c’est précieux. Tu aimes les mots précieux.
- Oui. Nous parlons comme des brutes aujourd’hui. On va finir par braire, il faut réagir. J’ai failli dire : les hommes sont-ils aussi  insupportables aux femmes que les femmes aux hommes ? C’était trop long : insupportable, cinq syllabes ; lasser, deux syllabes. La vie est courte, il faut aller vite. « Activité, activité, vitesse ! » Ce n’est pas de moi.
- C’est de qui ?

- Napoléon.
- Encore !
- Je ne m’en lasse pas. Tu le sais bien.
- Hélas…, soupira Mathilde. Pour répondre  à ta question, je ne sais pas. Je ne connais pas d’hommes. Je ne connais que des adolescents. Immatures. Tous immatures. » 


 Et voilà comment je débourse 20€ avec l'espoir du sourire en coin, de l'oeil qui frise!

 


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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 19:36

Une nouvelle de Chantal Robillard, Le Deviseur du monde, que je viens de découvrir suite à ma question: Que feriez-vous si... Mais non, je ne poserai pas la question car ce serait dévoiler la suite de la nouvelle. Cela dit, Chantal y a répondu avec beaucoup d'humour: son pépé Bertho est un peu le nôtre! 

 

Robillard deviseur 1

Robillard deviseur 2

Lire la suite : Le deviseur du monde

 

Chantal Robillard sait trouver les mots, tourner les phrases, et c'est comme une douceur exquise qui fond sous la langue.

Lire aussi:

La fontaine aux fées. Chantal Robillard.

Les sept fins de Blanche-Neige. Chantal Robillard

et le blog de Chantal sur Venise , forcément!

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 15:09

Delacourt la liste de mes envies JC Lattès, février 2012

 

J'adore Jocelyne!


Elle est mercière à Arras, (il y a plus glamour!), et blogueuse: dixdoigtsdor est un vrai succès. Une journaliste de l'Observateur de l'Arrageois est passée à la mercerie ce matin. Elle voulait m'interviewer à propos de mon blog, dixdoigtsdor.
C'est un blog modeste.


Elle a deux amies foldingues. Grâce à elles, je suis ronde mais soignée, manucurée; je suis au courant des coucheries des uns et des autres, des problèmes de Denise de La Maison du Tablier avec la traîtresse Genièvre de Loos et ses 49° d'alcool, de la retoucheuse de chez Charlet-Fournie qui a pris vingt kilos depuis que son mari s'est entiché du shampooineur de chez Jean-Jac, et nous avons toutes trois l'impression d'être les trois personnes les plus importantes du monde.
Enfin d'Arras.
De la rue, en tout cas.

Elle a un mari bourru qu'elle aime. Je suis heureuse avec Jo.

Ses enfants sont grands et vivent leur vie. Son père perd la mémoire. Elle a 47 ans. Moi, mes rêves, ils se sont enfuis.

Elle joue à l'Euro Millions. Je ne sais pas comment, mais je sus.
Je sus sans avoir encore regardé les chiffres, que c'était moi.
Une chance sur soixante-seize millions, et ça tombait sur moi. Je lus l'encadré dans la Voix du Nord. Tout y était.
Le 6, le 7, le 24, le 30 et le 32. Les étoiles numéro 4 et 5.
Un bulletin validé à Arras, place des Héros. Une mise à deux euros. Un système flash.
18 547 301 euros et 28 centimes.
Alors je fis un malaise.

Elle ne dit rien, à personne. Ce qui m'arrive est terrifiant.

Et, en bonne ménagère, elle liste ses besoins, ses envies. (...) Un économe. (Amusant quand on a dix-huit millions!!!)

 

C'est un livre attachant, sans fioritures, sans prétention et un des succès du moment. Normal, ce livre est une pulsion de vie. J'aurais aimé un peu plus long, j'aurais aimé une autre fin mais c'est un souffle d'air frais, une bouffée d'oxygène, de bon sens dans une société trop matérialiste!


Sérieusement, vous feriez quoi, vous, à sa place? 


Il n'y a que dans les livres que l'on peut changer de vie. Que l'on peut tout effacer d'un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d'une phrase, se retrouver soudain au bout du monde.

 

C'est le deuxième livre de ce publiciste dont le premier L'écrivain de famille  était partiellement autobiographique. 

Ecouter une interview de Delacourt

Fin avril 2012: plus de 100 000 exemplaires vendus! Pour connaitre plus de détails sur le succès de ce roman, lire: Ces inconnus qui ont conquis le public . Et bien sûr, des producteurs ont acheté les droits pour une adaptation.


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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 07:00

HéritageGrasset, Août 2011

 

 

 

Interview:

Un jour, il y a sept ans, en Tasmanie, le romancier australien Murray Bail me dit qu’il avait une histoire à me raconter – et il s’empressa d’ajouter qu’il n’avait pas l’intention de s’en servir pour l’un de ses livres. Dès qu’il eut terminé son récit, je lui demandai : “Et moi, je peux m’en servir ?” 
Voici l’histoire. Un jeune homme arrive en retard à un enterrement et se rend compte, au beau milieu de la cérémonie, qu’il s’est trompé de chapelle. Il reste jusqu’à la prière, trop embarrassé pour partir avant la fin. À la sortie, on lui demande de signer le registre de condoléances. Par politesse, là encore, il s’exécute.
Quelques jours plus tard, il reçoit une lettre d’un avocat l’informant qu’il a hérité d’une fortune colossale. Le jeune homme se récrie : il ne connaissait pas le défunt, il était à son enterrement par erreur. Mais l’avocat lui dit que ces considérations n’ont pas la moindre importance : il “remplit les conditions”, le défunt ayant décidé, dans ses dernières volontés, de léguer toute sa fortune à ceux qui assisteraient à ses funérailles, et à eux seuls. 

 
Ce point de départ avait la simplicité d’un mythe, et m’évoquait aussi les romances à la Robert Louis Stevenson. J’étais enthousiaste. Enfin une histoire dont je pouvais m’emparer ! Et enfin une histoire que je pourrais écrire rapidement ! (Certains de mes romans préférés ont été rédigés à toute vitesse – La Chartreuse de Parme, 52 jours ; Grandeur et décadence, d’Evelyn Waugh, quelques semaines à peine – et j’avais envie, rien que pour cette fois, de faire pareil.)
Je voyais déjà mon jeune héros, l’Héritier : impécunieux, trimant sans aucune perspective d’avenir dans une maison d’édition londonienne, et tout juste largué par sa fiancée.
Je voyais aussi une jeune femme, superbe et furieuse, arrivant dans la chapelle encore plus en retard que lui – trop tard pour que lui soit accordé le droit de signer le registre de condoléances, et donc d’hériter elle aussi. Cette jeune femme était, évidemment, la fille du défunt. Mais ce dont je n’avais encore aucune idée, c’était justement l’identité du millionnaire inconnu qui avait pu rédiger un tel testament, et en exclure sa propre fille. 

 
Il me fallut trois ans pour résoudre cette énigme en écrivant le roman. Lentement mais sûrement, je me rendis compte que ma “simple romance” n’était pas si simple après tout. Le point de départ n’était précisément que ça, un point de départ : un feu follet qui avait embrasé mon imagination et m’avait non pas lancé, d’une plume alerte et facile, comme je l’avais espéré, vers de nouveaux horizons, mais ramené au contraire, plus que jamais, dans le marigot de hantises familières qui constitue l’habitat de tout romancier.
L’histoire, inévitablement, avait changé : ce n’était plus celle d’un jeune homme qui hérite de la fortune d’un inconnu. C’était l’histoire d’un jeune homme qui hérite, précisément, de sa propre histoire : un récit qui l’entraînerait d’un crématorium londonien, par un pluvieux après-midi de février, à la canicule foudroyante du désert australien, en passant par les collines ensanglantées de l’Arménie du début du XXe siècle. Et j’allais apprendre pour ma part, chemin faisant, qu’aucune histoire n’est jamais gratuite… » 

 

De ce sujet inattendu, l'auteur a réalisé une fiction savoureuse. J'ai beaucoup aimé la première partie, très alerte, et moins la seconde partie, moins enlevée, mais l'ensemble est très distrayant. Un livre agréable.

Lire un extrait


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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:00


Giono Logo NB petit 2-1 Centre des Ecrivains du Sud-Jean Giono


Le prix des lecteurs du Centre des Ecrivains du sud 2012 est attribué à 

 Carole Martinez. Du domaine des murmures.

 

Sélection 2012

Benjamin Berton, La chambre à remonter le temps, (Gallimard)

Valentine Goby. Banquises  (Albin Michel)

Thierry Laget, La Lanterne d'Aristote  (Gallimard)

Philippe Lançon. Les îles (J.C. Lattès)

Carole Martinez. Du domaine des murmures  (Gallimard)

Michel Schneider. Comme une ombre (Grasset)

Dominique Sigaud, Franz Stangl et moi (Stock)

Morgan Sportès. Tout, tout de suite. (Fayard)

Delphine de Vigan. Rien ne s'oppose à la nuit. (J.C.Lattès)

Stanislas Wails, La maison Matchaiev (Serge Safran)


Les femmes sont arrivées en tête des votes, cette année. A découvrir donc, les trois jeunes femmes de la sélection 2012 qui ont su séduire les lecteurs. 


Le premier livre de Carole Martinez: Le coeur cousu


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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 07:00

 

Lager lanterne Gallimard, septembre 2011

 

Sélection du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud 2012.

4ième de couverture
Une comtesse charge un homme de cataloguer la bibliothèque de son château. Cet homme traverse les nuits et les jours du domaine, franchit les apparences, lit tous les livres, même ceux qui ne sont pas écrits et dont il invente l'intrigue, à mesure qu'il découvre que les morts ne sont pas morts, ni les fantômes ceux qu'on croyait, ni les vérités celles qu'on admettait. 
En fin de compte, c'est de la littérature elle-même qu'il s'agit, et à laquelle il est rendu ici le plus beau des hommages.

Incipit
« Quand elle est sortie, vers neuf heures, Azélie m'a confié la garde du château. Alors j'ai de nouveau entendu en moi la voix qui s'était tue – voix sombre, altière –, mais je n'ai pas compris ce qu'elle disait, car au même instant le démarreur de la 4L s'étranglait, le moteur vocalisait, les pneus broyaient le gravier, traçant de leur compas un cercle dont je figurais le centre et dont le rayon, englobant la bâtisse, contournant les tilleuls, s'étira jusqu'à la grille au bout de l'allée avant de s'estomper dans le néant.
La nuit est retombée autour de moi avec un grincement de herse. Je n'ai pas voulu allumer les lampes, pour ne pas effaroucher les ombres. Je suis passé de pièce en pièce, tel un fantôme qui secoue ses voiles, mais c'était la lune, à travers les fenêtres, qui déroulait sous mes pas un tapis de soie, de silence et d'argent. »

C'est un livre étonnant! Je ne savais pas qu'on écrivait encore ainsi de nos jours.
L'écriture de Thierry Laget est extrêmement travaillée, je pourrais en citer des pages et des pages, je préfère mettre un lien pour en découvrir les premières pages. 
Lire les premières pages. 
Après le premier effet de surprise, j'ai choisi de déguster ce livre par petites touches, pour éviter l'indigestion, n'étant plus habituée à avaler des phrases d'une demie page et du vocabulaire nécessitant parfois l'ouverture du dictionnaire. Et avec quel bonheur!
Avec en plus des personnages savoureux, un château, une bibliothèque, des mystères et des drames et un humour légèrement cynique et détaché qui permet à l'ensemble de ne pas tomber dans la pédanterie (humour déjà présent dans le titre du livre!). Un petit bijou qui aurait bien mérité que son éditeur le mette en exergue lors de la rentrée littéraire d'automne en lieu et place d'autres ouvrages, bien moins intéressants.

Un livre pour les gourmets de la langue!


Ecouter l'émission: Du jour au lendemain, France Culture


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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 09:36

Les lumières du ciel Balland, Juillet 2011

Deuxième sélection prix de Flore 2011

 

Quand on me demande de conseiller un livre amusant et distrayant, je suis bien embêtée. Et surtout cette année où tous les livres sont lugubres! Alors, voilà une bouffée d'oxygène, un éclat de rire sur 250 pages, une utopie salutaire, un éloge cocasse de la paresse!

 

Trois amis décident de quitter leur vie minable, leurs coups foireux et prennent la route. Ces anti-héros fort sympathiques nous entraînent en Fiat Panda jusqu'à Jérusalem, pas en Israël, mais dans un hameau français des Cévennes.
Ils nous demandaient ce qu'on faisaient dans la vie, où on vivait, enfin tout ça. On leur répondait qu'on était DJ avant-gardiste de patinoire, mère au foyer sans enfants et ex-vendeur de sapins de Noël hallal. Ils se bidonnaient, croyant qu'on leur faisaient un numéro d'improvisation. Ils ne savaient pas que le monde extérieur était devenu aussi grotesque.


Adieu patinoire, sapins, mari! Au passage, on apprend la déontologie du métier de vendeur de sapins et comment adapter son message à sa clientèle. Un grand moment!
Faute de clients, on a passé l'après-midi à simuler les ventes. Un coup j'étais vendeur, un coup acheteur. On peaufinait les techniques. Les arbres venaient tous du Danemark, mais M. Robert expliquait que si on tombait sur un client patriote, on pouvait dire que la marchandise venait de Bourgogne, du Morvan, berceau de la Gaule. Y'a pas de mal à faire plaisir au client. Frédéric acquiesçait. Et puis il y a la question de l'écologie. Attention, on ne badine pas avec l'écologie. Tu peux être mauvais sur tout, mais pas sur l'écologie. Si le client se met à complexer quand il consomme, c'est foutu. Il se terre chez lui, se met à picoler en regardant la TV et on ne le revoit plus. C'est fragile, un client, faut pas croire. C'est sensible aussi. Ca demande de l'attention. Ca réclame sa part de dignité. Il faut le mettre à l'aise, le décomplexer, le caresser dans le sens du poil, lui faire comprendre qu'en achetant un sapin, il fait jouir la planète. C'est tout un métier, qu'est-ce que tu crois.
Il m'a fait apprendre une phrase par coeur, et répéter plusieurs fois. Il l'appelait La Phrase. "Tous les sapins proviennent de plantations spécialement aménégées et ne participent donc pas à la déforestation." A servir à toutes les sauces dès que la question de l'écologie arrivait sur le tapis.


Et voilà une nostalgie hilarante de la ruralité, et de l'utopie du l'auto-suffisance et du rejet de la société de la consommation: 1968 revisité 2011! Eloge des ancêtres des bobos: les babas!
Il vouait une haine inextinguible à l'agriculture et à la révolution néolithique, qu'il considérait comme étant à l'origine des emmerdements de l'humanité. Selon lui, l'apparition de l'agriculture était la conséquence d'un bouleversement symbolique délétère qui avait conduit au remplacement d'une spiritualité organique et horizontale par une religion arrogante et verticale, incitant soudain les hommes, par pure idéologie, à domestiquer plantes et animaux afin d'affirmer leur absurde supériorité sur la nature, ce qu'il estimait éminemment scandaleux.


Vous n'avez rien compris au discours écolo? Il faut lire la suite pour découvrir l'économie apte à conduire les hommes au bonheur terrestre!


Et en attendant le bon bol d'air, c'est un bon bol de rire!


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