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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 22:00

Cossé Amandes amèresGallimard, Juin 2011

2ème sélection grand prix Académie française 2011

3ème sélection prix Interalié 2011

 

J'attendais avec une grande impatience de lire ce livre: un livre qui relate la rencontre de deux femmes de cultures différentes et de l'écrit.


Edith, traductrice, emploie Fadila, femme de ménage marocaine. Elle réalise que celle-ci est analphabète et lui propose de lui apprendre à lire et à écrire. La tâche est ardue, la progression lente et on suit pas à pas l'apprentissage, les questionnements d'Edith, ses doutes, les progrès de Fadila, ses retours en arrière, le découragement parfois. Les deux femmes se découvrent, apprennent peu à peu l'une de l'autre.


Les leçons sont décrites par le menu et c'est tout à fait passionnant de chercher avec Edith à comprendre pourquoi Fadila ne sépare pas les mots, ne reconnaît pas les lettres, en oublie certaines, etc. 

 


Alors bien sûr, cela m'a replongée dans mes années d'alphabétisation. Mes Fadila ne s'appelaient pas Fadila, venaient du Maroc, d'Algérie, de Tunisie, d'Iran, d'Irak, du Sri-Lanka et je me souviens de chacune, et de leur joie à se retrouver toutes les semaines, des rires, beaucoup de rires, de la fierté de toutes lorsque l'une d'entre elles parvenait à faire un progrès, de leurs moqueries envers mes tics et mes tentatives de sérieux, des gâteaux offerts et partagés, des questionnements croisés sur les histoires personnelles, des étonnements devant les coutumes si différentes et pourtant si semblables, bref du groupe que nous formions, unies dans le but d'obtenir un peu, un tout petit peu, d'autonomie dans la vie quotidienne. J'ai toujours la montre qu'elles m'ont offerte lors de mon départ, en me disant qu'ainsi je penserai à elles plusieurs fois par jour!


Je me souviens aussi avoir dû créer mes cours et mes supports entièrement car les méthodes existantes étaient inadaptées, avoir tâtonné, m'être questionnée et documentée sur le fonctionnement des circuits cognitifs pour être plus efficace. Comme Edith. Mais avoir connu du découragement, ça jamais.


Pendant ma lecture, plus d'une fois, j'ai eu envie de donner un coup de main à Edith.  
Et également de la secouer: c'est une lourde responsabilité que de proposer à quelqu'un de l'aider à apprendre à lire et à écrire! Tu croyais quoi, Edith? Que ce serait plié en un an, à raison d'une à deux fois par semaine?


Pour finir, madame Cossé, vous ne voudriez pas changer votre fin? Elle ne me plaît pas du tout...



Pour lire les premières pages du livre


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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:10

Lançon. Les îlesJC Lattès. Août 2011

Sélection du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud 2012.

1ière sélection  Prix Interallié 2011.

1ière sélection  Grand prix de l'Académie française 2011.

 

Extrait:

J'ai laissé le livre acheté dans l'avion, comme je le faisais souvent. Quelqu'un le trouverait, le jetterait peut-être. C'était un livre parfait pour un voyage de retour: il avait la mélancolie d'un voyageur qui rentre. De toute façon, jamais je n'aurais pu le lire à l'aller: les romans que j'ouvrais en partant vers des lieux inconnus tournaient vite au calvaire, surtout s'ils étaient bons. Je les lisais comme si la vie, les sentiments, les sensations, le voyage, tout dépendait désormais d'eux. Ils fixaient l'emploi du ton. Ce ton était trop violent, trop dense pour être supportable. Les livres m'écorchaient vif, ils me jetaient dessus comme un sel de tristesse. J'étais enfermé avec eux dans un avion qui m'amenait nulle part, nous n'en sortirions pas vivants ensemble: c'étaient eux ou moi.

 

Une rencontre, deux infidélités, un abandon! Voilà ma rencontre avec Les îles.
Je les ai abordées, avec plaisir, avec une promesse de voyage entre Hong-Kong et Cuba!
Je les ai quittées vers la page trente pour une autre île, Sukkwan Island, j'y suis revenue, je les ai délaissées derechef vers la page cinquante pour une virée dans Banquises
J'y suis revenue, encore, et j'ai décidé de les abandonner page 96, après quatre pages sur les chiens d'Ali.


Extrait:

Sarah avait deux qualités remarquables: une gourmandise effrénée- elle mangeait n'importe quoi et à toute heure- et une espièglerie, presque une ironie, que trahissait une grimace de son visage, un sourire, que je n'ai jamais vu chez aucun autre chien. Elle était capable, par un seul regard, de rendre un homme ridicule- ou, ce qui revient au même, de lui faire croire qu'il l'était.

 

Je le regrette, la rencontre était séduisante, l'écriture agréable, les phrases, belles, à savourer, les personnages intéressants, les îles lointaines.
Mais non, c'est l'exemple même d'une rencontre ratée !

 

 

Philippe Lançon est journaliste littéraire à Libération. il a reçu en 2011 le prix Hennessy du journalisme littéraire, à l'unanimité du jury pour l'extraordinaire qualité de ses articles. Il a signé sous le pseudonyme de Gabriel Lindero: Je ne sais pas écrire et Je suis un innocent. Pour en savoir plus sur Philippe Lançon: link.

 


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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 13:45

Bien entendu, vous savez tous que:


Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche sont des noms communs soumis aux mêmes règles d'accord que les autres noms communs.

Tous  les lundis et tous les dimanches . 

Ils prennent donc un S au pluriel.


Sauf que, vous vous doutez bien que ça ne peut pas être aussi simple...

Dans une semaine, il n'y a qu'un seul lundi:

Tous les lundi de chaque semaine.


 

Vous suivez toujours ? 
Il faut aussi savoir compter au-delà de 2; je ne sais pas si vous y arriverez...


 

Dans un mois, il y a plusieurs lundis :


La réunion a lieu les premier et troisième lundis de chaque mois.

Dans le mois, il y a plusieurs lundis, donc: S

Il y a un seul premier lundi et un seul troisième lundi , donc premier et troisième sont au singulier.

Un lundi + un lundi = 2 lundis donc l'article est au pluriel: les


 

Vous vous en sortez? 

 

Dans une journée, il y a un seul matin et un seul soir:

Tous les dimanches matin

Il y a plusieurs dimanches mais un seul matin par dimanche.


Tous les mardi soir de chaque semaine.

Il n'y a qu'un seul mardi dans la semaine  et il n'y a toujours qu'un seul soir dans un mardi, donc les deux sont au singulier. 

Tous les dimanches matin et tous les mardi soir de chaque semaine.


homme lit hébreu


Et voilà une logique fort paradoxale!


 

Personnellement, en attendant la semaine des quatre jeudis, j'ai choisi: 

Je fais la grasse matinée le dimanche matin!


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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 22:35

goby banquises Août 2011, Albin Michel.

Sélection du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud 2012.

1ière sélection Grand prix de l'Académie française 2011


Décidément, comme l'an dernier, la sélection des Ecrivains du Sud est de grande qualité et très variée. Et ce roman est une merveilleuse surprise! Je n'avais aucune idée de ce que j'allais découvrir en l'ouvrant. J'ai tout aimé: l'histoire, le rythme, le style.

En dépit de son sujet, ce n'est pas un livre triste, c'est un livre triste et drôle, sensible, vif, intelligent, contemplatif, actuel, informatif. J'arrête là, c'est un livre à dévorer!

 

 Une jeune fille, Sarah, part en voyage au Groenland en vacances, et n'en revient jamais. Elle a disparu. Commence pour sa famille une longue attente avec l'espoir du retour. L'attente...
(Curieusement, personne ne va au Groenland, pour tenter de la retrouver ou de comprendre ce qui s'est passé et c'est là une incongruité du récit.)
Tant d'efforts pour se libérer de ton absence , Sarah. Pour contourner le trou de toi. Tu avais disparu c'est Lisa qui s'est effacée, peu à peu reléguée aux marges de ton vide dévorant: on n'avait vu que toi, on n'a plus vu que lui. Regarde ton père, ta mère, les yeux braqués sur la béance. Et Lisa sur le bord, toutes ces années, vacillante dans l'espace accordé, le bord exigu de l'abîme.


27 ans plus tard, sa jeune soeur, Lisa, devenue adulte, mariée, mère de famille, décide de partir à son tour au Groenland, sur les traces de sa soeur et de refaire son parcours.
(Curieusement, elle ne cherche pas sa soeur, l'affaire est trop lointaine, elle cherche à s'imprégner de l'ambiance.)
Maison du Groenland. Elle hésite. Traverse. Regarde les photos dans la vitrine. Champs gras versant dans la mer. Gueules de caribous aux bois couverts de neige. Icebergs marbrés de veines bleu ciel, turquoise, marine, basalte, évoquant des strates de marnes, calcaire, gypses, des coupes de roches sédimentaires - elle se souvient que cet empilement raconte une histoire. Des glaçons bosselés de la transparence d'un bonbon. Des amas de cristaux compacts comme du sorbet.


Le livre est rythmé par l'histoire de tous les membres de cette famille, parsemé de rencontres, éclairé par la découverte de ce fascinant pays si différent, fragilisé par la fonte de la banquise.
Elle demande s'il est glaciologue, il l'est, et vous? Ecrivain. Tous les deux ils relatent des histoires, il dit: lui de vraies, et elle? Des romans.

 

Le style est original. Valentine Goby n'hésite pas à bousculer l'ordre des mots, à ne pas faire de phrases complètes, et le résultat est très agréable. Cela donne de la force et de l'énergie au texte. Rien à voir avec du français parlé, non, mais une langue très contemporaine. Par ailleurs, le rythme est très intelligemment différent suivant les diverses parties du texte, comme un film pourrait alterner des scènes pour maintenir l'intérêt. Je pense que c'est avant tout ce style qui a emporté mon enthousiasme.


 
 

 

Lauréate de la fondation Hachette, Valentine Goby a reçu divers prix pour ses précédents romans (Qui touche à mon corps je le tue et Des corps en silence), dont le Prix du premier roman de l'université d'Artois, le Prix Palissy et le Prix René Fallet. Auteure de 7 romans et de livres pour la jeunesse.

 

Voici un lien pour lire Les 30 premières pages du roman. Impossible que cela ne vous donne pas envie de le finir!


 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 18:01

 

 

 Centurion Ne parlez pas comme dans la téléréalité !  

Ne dites pas …,

 dites…

Mon corridor

Mon corps se repose

adéquation

Il y a des questions ?

javelliser

Macho, frimeur !  centurion colère 

J’ai lu

 

 

 

 

Ne dites pas …,

dites…

C’est l’Amazone

C’est là que j’habite

Le ton monte

La moche prend l’ascenseur

Mélodie en sous-sol

 

Centurion romain  Comptez bien !

Gare la voiture au parking


 

Ne dites pas …,

dites…

Une biroute

Une route à deux voies

Je tripote

J’ai trois amis           

 

 

Ne dites pas ..., dites...  

 

Source Internet

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 22:00

 

 

 

Confirmation voyage 2012
 
 
Vol spécial d'internautes n° 2012.
Départ à 00H00, le 1er janvier.
Destination bonheur.
Durée du vol 366 jours, 8784 heures.
Bagages essentiels en cabine: santé, amour, joie;
                                    en soute: réussite.
Tous les voeux de bon vol de Pichenette.
Pour contacter le service clients, veuillez cliquer sur le lien "Ecrire un commentaire" ci-dessous.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 22:22

Je sais qu'il faut une alphabetMajuscule pour les alphabetTitres, mais parfois, hem, j'hésite! L'Académie française répond à mes questions.

 

Dans tous les titres d’œuvre, le premier terme au moins (ainsi bien sûr que les noms propres) prend la majuscule.

Si le titre commence par un article défini, le premier nom qui suit cet article ainsi que les adjectifs et adverbes le précédant éventuellement prennent la majuscule : Les Très Riches Heures du duc de Berry ; Le Petit Chaperon rouge ; Le Vilain Petit Canard.

L’article défini en tête de l’œuvre ne prend la majuscule que s’il fait intrinsèquement partie du titre, et n’est pas contracté : l’Iliade ; Les Bienveillantes mais un chapitre des Bienveillantes.

Si le titre ne débute pas par un article défini ou s’il consiste en une phrase conjuguée, seul le premier terme prend la majuscule : À la recherche du temps perdu ;Terre des hommes ; Un taxi mauve ; Le train sifflera trois fois.

Si le titre est double ou s’il met en opposition ou en parallèle deux termes, on applique les règles précédemment citées aux deux parties du titre, mais si la deuxième partie est introduite par un article défini, celui-ci perd sa majuscule : Le Rouge et le Noir, Vendredi ou les Limbes du Pacifique.

Les règles typographiques qui régissent l’emploi des majuscules sont bien sûr nombreuses et complexes. On en trouvera le détail dans des ouvrages de typographie tel le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale.


Source : Académie française


Dans un commentaire ci-dessous, Chantal explique pourquoi de telles normes existent.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 08:35

Giono Logo NB petit 2-1 Centre des Ecrivains du Sud-Jean Giono


Benjamin Berton, La chambre à remonter le temps, (Gallimard)

Valentine Goby. Banquises  (Albin Michel)

 Thierry Laget, la Lanterne d'Aristote (Gallimard)

Philippe Lançon. Les îles (J.C. Lattès)

Carole Martinez. Du domaine des murmures  (Gallimard)

Michel Schneider. Comme une ombre (Grasset)

Dominique Sigaud, Franz Stangl et moi (Stock)

Morgan Sportès. Tout, tout de suite. (Fayard)

Delphine de Vigan. Rien ne s'oppose à la nuit. (J.C.Lattès)

Stanislas Wails, La maison Matchaiev (Serge Safran)

 

Le jury votera le 10 mars 2012, et le prix sera remis le 31 mars 2012, lors des journées des Ecrivains du Sud, à l'hôtel Maynier d'Oppède, à Aix en Provence.

 


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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 12:43

Il y a un an, je parlais de Mayoz.fr. Photos d'art. Il s'agit d'un site de partage de photos.

Les photographes envoient leurs photos qui, après sélection, sont soumises au vote des internautes tous les 15 jours. Le gagnant du concours voit alors sa photo proposée à l'achat sur le site.

Site très convivial, photos de qualité et très variées, très beaux supports, beaux tirages. Le concept est formidable et le succès au rendez-vous.

Depuis un mois, Mayoz a ouvert un stand de 20 m2 au premier étage du BHV, à Paris. L'occasion pour les Parisiens de sortir du virtuel!


Mayoz Stand-BHV

Mayoz Stand BHV 1Mayoz Stand BHV 2

 

Et si vous voulez plus de renseignements, ou si vous résidez ailleurs: Mayoz.fr

Il faut soutenir nos jeunes talents!


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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:31

 

Blonde 1

blonde2

 

      Bien sûr, je dédie cette bafouille à mon fils!

 

Source: internet.

 

 

 

Et comme je n'ai pas réussi à corriger la faute , vous avez tous bien sûr corrigé de vous-même: donne-lui....

Relire: Au secours! Tu ...s ou pas s?

 


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Jurée du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud.
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