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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 12:58

Depuis La délicatesse (plus de 70 000 exemplaires), David Foenkinos est devenu l’un de nos jeunes auteurs les plus remarqués. Ce roman a reçu 10 prix littéraires en 2010, après avoir sélectionné pour tous les prix d ‘automne 2009. (1)


Foenkinos souvenirs Gallimard, 18 août 2011

 

Le 18 août 2011, dans la collection blanche de Gallimard, sortira le nouveau roman de Foenkinos, plus grave, plus intime : Les souvenirs. « Je voulais dire à mon grand-père que je l’aimais, mais je n’y suis pas parvenu. J’ai si souvent été en retard sur les mots que j’aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l’écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là » écrit l’auteur dans une présentation de son roman.

Sans nul doute, ce nouveau roman devrait être dans les sélections des grands prix d'automne et peut-être même sera-il honoré. Je me demande toujours pourquoi l'humour n'est pas récompensé alors qu'il est plus difficile de faire rire que pleurer! Le nouveau cru devrait plaire aux jurys...

 


Les souvenirs de David Foenkinos – Présentation de l’éditeur

 

Le narrateur, apprenti romancier, prend conscience à l’occasion du décès de son grand-père de tout ce qu’il n’a pas su vivre avec lui. Il comprend que le seul moyen de garder l’amour vivant est de cultiver la mémoire des instants heureux. Dans le même temps, frappée par le deuil, sa grand-mère semble perdre la tête. Il assiste aux manœuvres des proches pour la placer en maison de retraite et vendre à son insu son appartement. Ce qu’il n’a pas su vivre avec son grand-père, il décide alors de le vivre avec elle. Il va la voir souvent, parvient à égayer sa solitude, à la faire rire de tout. Mais elle finit par apprendre que son appartement a été vendu, et fait une fugue…
Le narrateur va partir à sa recherche, et la retrouver pour lui offrir ses derniers moments de bonheur. Le hasard lui fait en même temps rencontrer Louise, qu’il va aimer, et qui le quittera. Les souvenirs, nourris de joies, de douleurs et de mélancolie, lui offrent désormais la possibilité d’écrire son roman – et peut-être son avenir.
David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur le rapport au temps et sur la mémoire. Les rapports entre générations, les sentiments enfouis, les déceptions de l’amour, le désir de créer, la tristesse du vieillissement et de la solitude, tout cela est exprimé avec une grande délicatesse, un humour léger et un art maîtrisé des formules singulières et poétiques.

© Éditions Gallimard, 2011



 (1) Le film, inspiré de La délicatesse sortira sur nos écrans le 21 décembre 2011. Co-écrit et réalisé par les deux frères Foenkinos, David et Stéphane, il met en scène Audrey TautouBruno Todeschini et François Damienssur une musique d' Emilie Simon.

 

Lire ma critique: David FoenKinos. Les souvenirs

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 22:20

Dans un précédent billet,  Sélection de livres d'été., je suggérais de NE PAS lire de "livre d'été". Sous cette appellation, on trouve quelques pépites mais on en ressort le plus souvent lobotomisé! Je conseillais plutôt de lire ou relire les classiques.

Que n'ai-je entendu! On n'a pas besoin de moi pour lire un classique, je suis en-dessous de tout de ne pas faire de vraie sélection, une sélection de livres récents! 

OK! 

 

 

Cliquez sur Auteurs de A à Z.  et vous aurez une liste de livres que j'ai lus et aimés et un nouveau cllc vous amènera vers le billet.

Bon, j'ai compris! C'est encore trop compliqué! Il vous faut une vraie liste! 

fem choisit livre

Alors, voici quelques livres à emporter sans hésitation dans sa valise. 

Yoshimura

 

Le convoi de l'eau. Akira Yoshimura  Un étonnant roman qui nous emmène dans une région perdue du Japon. Un barrage est en construction et deux mondes vont vivre en parallèle: les ouvriers et les paysans. Poétique et terrible.

 

Perrignonchagrins

 

Judith Perrignon. Les chagrins.  Journaliste et romancière, Judith Perrignon signe un magnifique roman, très bien construit, qui met en scène 3 générations de femmes, brisées par un drame.

 

Le Callet la-ballade-lila-k

 

Blandine Le Callet. La ballade de Lila K. Prix des lecteurs des Ecrivains du sud, prix du livre numérique. Après Pièce montée, Blandine Le Callet nous emmène dans un monde futur, étonnement proche de nous. Lila est arrachée à sa mère et placée dans un centre pour être soignée et éduquée. Dés lors, tous ses efforts tendront vers les retrouvailles et elle mènera une véritable enquête policière. Un roman fascinant!

 

Dongala. Photo de groupe au bord d'un fleuve

 

Dongala. Photo de groupe au bord d'un fleuve Un groupe de femmes décide de se révolter contre l'exploitation de son travail et veut obtenir le juste prix de son labeur. Elles vont se découvrir fortes, solidaires malgré la peur et les terribles évènements que cela déclenche. On rit, on pleure, et on a envie que cela finisse bien!

 

Parle-leur-de-batailles...-Mathias-Enard1-154x300

 

Mathias Enard. Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants.  Un petit roman, de courts chapitres. Michel Ange part à Constantinople pour construire un pont. Un régal.

 

Une année chez les Français

 

Fouad Laroui. Une année chez les Français.  Un coup de coeur pour cet adorable enfant qui se retrouve dans un lycée français. Le choc culturel est important. Un humour magnifique.

 

la-couleur-des-sentiments-193x300

 

Katryn Stockett. La couleur des sentiments. Dans l'Amérique des années 60, en pleine ségrégation, les patronnes blanches et les bonnes noires vivent côte à côte. Emouvant. Indispensable.

 

 

 

 

Le coeurcousu

 

Carole Martinez. Le coeur cousu  Le roman le plus original de cette sélection. 9 prix littéraires! Il nous emmène dans un monde merveilleux. Un talent de conteuse incroyable.

 

 

Foenkinos délicatesse

 

David Foenkinos. La délicatesse.  J'adore l'humour de Foenkinos, et ce roman est son meilleur. 10 prix littéraires! Il sera à l'honneur cette année avec son adaptation en film. Drôle et tendre et drôle!

 

9782845741089

 

Les sept fins de Blanche-Neige. Chantal Robillard  Que s'est-il passé lorsque Blanche-neige s'est réveillée? Chantal Robillard réinvente les contes et surprend avec 7 versions plus qu'originales.


Humbert

 

Fabrice Humbert. La fortune de Sila. Si je vous dis: subprime, crise, banque, vous allez fuir. Et pourtant, à travers l'histoire de quelques personnages, Fabrice Humbert nous fait revivre l'enchaînement implacable qui a provoqué la crise récente. C'est très très bien.

 

 

Et si vous voulez absolument un "livre d'été", voici

reinetmoi

 

Sue Towsend. Le reine et moi. Délirant!  Au Royaume-uni, la royauté est abolie, Elisabeth et sa famille sont contraints de déménager, et atterrissent dans une banlieue pauvre. Chacun des membres de la famille réagit très différemment pour le plus grand plaisir des zygomatiques!

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 22:48

 

Yoshimura Actes sud, janvier 2009

Traduit du japonais par Yutaka Makino.

 Coup de coeur.

Ce livre est un cadeau, merci Pascale ! A mon tour, je l’ai offert, prêté, recommandé, mis au programme du cercle de lecture, rajouté aux achats de la bibliothèque. Un coup de cœur absolu. Un choc.

Je l’ai lu. Je ne l’ai pas reposé, je l’ai immédiatement relu. Je l’ai ensuite relu avant le cercle de lecture. Je l’ai relu à chaque fois que l’on me l’a rendu. A chaque fois, j’ai ressenti une légère angoisse à l’idée que la magie, le charme étrange n’opèrent plus. A chaque fois, j’ai été envoutée par sa poésie et le choc des deux civilisations. J’hésite maintenant entre l’envie de lire d’autres livres de Akira Yoshimura, ou la peur d’être déçue. Je ne suis pas familière de la littérature japonaise, je ne sais pas s’il s’agit ici d’une rencontre unique ou du début d’une histoire d ‘amour.

C’est un tout petit livre, il prend une place énorme. Il se lit vite, il est inoubliable. Les phrases sont simples, elles pèsent lourd. Il ne coûte pas cher, il a une valeur incroyable. C’est un cadeau !



Une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne arrive dans une vallée mal connue, et découvre un hameau coupé du monde, isolé.  Au fond du ravin bordé par les versants dénudés de la montagne serpentait un torrent aux reflets métalliques. Et le long de cette eau resplendissante, nous apercevions tout en bas, discrètement blotti, le groupe de maisons dont nous avions entendu parler. (     ) Alors mes yeux ont capté quelque chose d’insolite. J’en ai suivi des yeux l’étendue. Une étendue de pierres tombales absolument inimaginable. Dans un coin au nord de la vallée se dressait isolée une construction au toit de chaume qui ressemblait à un temple. Le regroupement de pierres tombales commençait là, pour s’étendre en se bousculant sur tout le côté gauche du torrent, s’étirant vers le sud de la vallée avec la même densité, ses extrémités allant jusqu’à grimper la pente naissante de la montagne. La superficie occupée par le cimetière était incroyable. Elle représentait un tiers de la vallée.

 Les deux communautés ne se mélangent pas. Nous étions entre nous, les habitants du hameau entre eux, chacun vivant de son côté sans se côtoyer.

Les ouvriers observent les villageois avec méfiance, curiosité, incompréhension, mépris. Nous nous regardions avec stupéfaction. Nos visages trahissaient l’étonnement. Bientôt les traits de mes collègues se détendirent un peu et la lueur d’inquiétude au fond de leurs yeux diminua rapidement.  –Oh, ils ne refont pas les toitures, ils remettent la mousse, dit à mi-voix l’un des ouvriers, les yeux rieurs. Et pointant le doigt en direction du hameau, il éclata de rire. Cela se propagea aux autres en un clin d’œil et je me retrouvai au milieu d’un tourbillon de rires stridents. Ils venaient de comprendre qu’ils n’avaient aucune raison d’avoir peur du hameau. Leurs rires trahissaient un profond soulagement. Qui ne tarda pas à se muer en mépris.

Le hameau est condamné à être englouti sous les eaux, et la petite communauté ne semble pas en avoir conscience. Les hommes grimpèrent sur les toits. Et le travail reprit avec entrain. Comme on pouvait s’y attendre, les ouvriers étaient totalement déconcertés. – Ils ont perdu la tête. A leurs yeux, le travail des habitants du hameau paraissait difficile à comprendre. La chose se reproduisait à l’infini. Les habitants du hameau persévéraient chaque fois à replacer les mousses sur les toits..

La rencontre entre les deux communautés sera forcément dramatique. Je vis sur son profil, mélangée à la peur, une légère nuance de honte. Je ressentis soudain un choc dans mon dos comme si on m’avait frappé : je venais de comprendre clairement la raison pour laquelle les gens du hameau étaient venus. J’observais attentivement le vieillard et l’homme d’âge mûr qui, sous leur chapeau de laîche, avaient les yeux rivés sur l’ouvrier.

Le narrateur, un homme sorti de prison, cherche à s’éloigner du monde pour trouver la paix. Son histoire entre en résonance avec celle des villageois pour lesquels il éprouve de la fascination. Accompagner du regard les derniers instants du hameau en companie de cet homme m’était insupportable, un peu comme s’il y avait profanation. (     ) Moi, je n’ai pas bougé. Les habitants voulaient s’en aller après avoir incendié le hameau. Quelque chose de chaud débordait de mes yeux sans retenue.

 


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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 07:00

fem lit dehors Et voilà! L'été est là, les vacances...

Quelle chance! Une rupture dans le quotidien. Du temps pour lire. L'esprit disponible.

C'est le moment de préparer sa sélection de livres d'été.

Or ce que l'on qualifie de "livre d'été" ou de "livre de plage" est tout à fait particulier puisqu'il s'agit en général d'ouvrages que l'on n'envisagerait même pas de feuilleter le reste de l'année.

Alors pourquoi céder aux sirènes des maisons d'édition? La chaleur ne ramollit pas les neurones!

Au contraire, c'est le moment idéal pour (re)lire les classiques ou découvrir les bons livres des années précédentes que l'on n'a pas eu l'occasion de découvrir. Et c'est aussi le moment idéal pour mettre des classiques dans les mains de toutes les têtes blondes qui nous entourent.

Alors, pour cet été: faire sa sélection dans les livres de toujours et non pas dans les livres du moment!    

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 17:18

Suite à deux articles  Langage SMS, ennemi de l'orthographe? , Langage SMS, ami de l'orthographe?, une étudiante en master de techniques de l’éducation m’a contactée et posé quelques questions sur le sujet. Voici un résumé de cet échange.

 


  • 1.     Quelles sont les différentes sortes d’erreurs ?

Celles qui gênent la compréhension et qui touchent à la grammaire. La non - connaissance des conjugaisons est dérangeante à la lecture, ne gène pas forcément (ou pas toujours) la compréhension mais stigmatise son auteur. Ce sont celles qui sont les plus pénalisantes et les plus difficilement corrigées par les correcteurs automatiques. Ce sont celles pour lesquelles il faut connaître la grammaire, réfléchir, se poser les bonnes questions.

Les fautes d’orthographe, extrêmement faciles à corriger d’un clic ; donc impardonnables !

Puis, les erreurs d’inattention ; on en commet absolument tous, en ne se relisant pas, en écrivant vite et en envoyant un message sans relecture.

Enfin, les erreurs de paresse : j’en ai fait un résumé dans  Langage SMS, ennemi de l'orthographe?  : pas envie de faire l’effort de réfléchir, pas envie de se poser la question, pas envie de prendre le temps, Cette tendance est importante chez les ados, favorisée par les communications par sms ou sur Facebook, et disparaît dès qu’ils sont confrontés au monde du travail et qu’ils réalisent que c’est pénalisant pour l’évolution de leur carrière et risque de nuire au sérieux de leur travail. Dans le meilleur des cas. Sinon, malheureusement, cette habitude de réfléchir n’est pas prise, le mécanisme ne s’est pas mis en place et c’est le cas le plus grave. Il est toujours possible d’apprendre à tout âge, à condition d’en avoir envie. Mais si l’on n’a pas envie…

 

  • 2.     Existe-t-il un lien entre les fautes dans les copies des élèves et le langage plutôt réservé aux technologies ?

Le langage sms est un code différent que les jeunes connaissent et utilisent quotidiennement. La langue française écrite est un autre code que certains possèdent mal, lisent mal, écrivent mal, et utilisent peu et seulement dans un cadre contraint : l’école. Imaginez que vous vous retrouviez en Italie, sans parler bien italien. Il vous manque un mot : vous essayez naturellement de dire le mot français en espérant que votre interlocuteur vous comprendra, ou en essayant de lui donner une connotation italienne, en mimant. Vous utilisez ce que vous connaissez pour tenter de communiquer. Le problème n’est pas le langage sms, le problème est la non - connaissance du français écrit. Les jeunes qui écrivent bien le français truffent rarement leurs copies de smismes !

 

  • 3.     La communication sur internet ou sms passe beaucoup par une écriture phonétique, cela peut-il jouer également sur les erreurs d’orthographe que l’on peut retrouver chez les jeunes dans un cadre autre que les communications informelles ?

Curieusement, l’adolescence est une période de la vie où l’on « écrit » peu. Fini le primaire où les professeurs des écoles surveillent la tenue des cahiers au quotidien. Au collège, les  élèves prennent des notes. 1er exemple de langage écrit simplifié. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer qu’il est souvent très difficile de comprendre les notes prises par quelqu’un d’autre, en raison de la simplification de ce code très personnel. Ils communiquent entre eux par un autre code, convivial, décomplexé, débarrassé des lourdeurs et de la difficulté du français écrit, rapide, ludique, qui de surcroit les ancre dans leur communauté aux dépens des adultes. Le seul moment où ils sont confrontés au besoin d’écrire correctement le français, c’est lorsqu’ils doivent écrire leurs devoirs. Et dans certaines matières, il y a peu à écrire. Combien de devoirs de français dans l’année ? Comment sont-ils corrigés ? Le professeur n’a-t-il pas plus envie de corriger le fond plutôt que la forme ? Tous ne sont pas égaux à ce moment-là, certains ont acquis les bases de l’écrit et d’autres non. Si à ce moment-là, la connaissance de l’écrit et de fait de la grammaire est imparfaite, c’est trop tard, et le langage sms, utilisé à partir de cet âge viendra suppléer à cette carence. Malheureusement, on dresse le constat, mais on ne fait rien pour les aider !

 

  • 4.     La communication via les technologies semble voir émerger un langage qui fait plutôt « effet de mode » tel que « c’est » peut se voir remplacé par « C ». Cela a-t-il une incidence sur le comportement orthographique des adolescents ?

Encore une fois, tous ne sont pas égaux. Certains connaissent leur grammaire, savent réfléchir, et font la différence entre « c’est, s’est, ces, ses, sais, sait ». Ils utilisent alors C dans leurs communications personnelles, mais savent conserver ce code dans les limites du support technologique (sauf distraction !). Et malheureusement, certains ne possèdent pas la compétence à la fin du primaire. Ils sont à ce moment-là exclus de la communication écrite. Et voilà qu’ils découvrent un code écrit qui leur permet de communiquer ! Tout à fait normal qu’ils l’adoptent, et qu’ils rejettent le français écrit. 

  • 5.     Quelles sont les causes de « l’influence » du langage internet/sms sur l’écriture des adolescents ?

Il s’agit d’un langage facile, ludique, décomplexé, qui ne stigmatise pas « les bons » et « les mauvais », qui intègre le jeune dans sa tribu d’ados, qui lui permet de se positionner face aux adultes qui ne « captent » pas toujours. C’est leur mode de communication quotidien.

Quelle utilité y a t-il à chercher à écrire de manière compliquée et longue alors qu’il est si simple d’écrire facilement et rapidement ? Et pour dire la même chose !

6.     Dans l’article: Langage SMS, ennemi de l'orthographe? , tu écris  que « plutôt que de tenter de trouver la solution, il (le jeune) choisit la facilité et commet une faute volontaire ». Pourtant le fait de se trouver dans un cadre formel ne devrait-il pas l’inciter à chercher la bonne réponse, contrairement au cadre informel où cela devient finalement moins « important » ?


A-t-il envie de faire cet effort? Voit-il l’ intérêt de faire cet effort? Pense-t-il qu’il peut trouver la réponse?

Le cadre du collège favorise-t-il l’envie d’apprendre et de progresser dans ce qu’on n’a pas acquis au primaire?

Ce collège unique!  Lorsqu’un jeune arrive au collège sans savoir écrire correctement, il ne sait pas non plus lire correctement, il ne sait pas non plus réfléchir correctement, il est inutile de continuer un programme qu’il ne pourra pas assimiler! Il y a déjà plus de 10 ans, en conseil de classe, j’ai entendu des professeurs décider de faire passer dans la classe supérieure un élève en échec scolaire grave et d’en faire redoubler un autre. ?????? Le second pouvait rattraper son retard, pas le premier dont il convenait donc de se débarasser au plus vite! Pas de structures pour ces jeunes , pas de rattrapage possible.

 

  • 7.     Le nombre d’élèves faisant des fautes a augmenté avec le développement des technologies de l’information et de la communication ? 

Certainement. Et je suis même convaincue que la langue évoluera du fait de l’apparition de ces nouvelles formes de communication. La langue n’est pas figée, elle a toujours évolué, elle s’adapte au monde et à l’usage. Les médias l’ont déjà intégré : « C dans l’air », par exemple ! Il en existe tant d’autres. Déjà nos longues formules de politesse alambiquées sont en voie de disparition au profit du simple « cordialement ». Même à l’oral, on entend des accords de participes passés très folkloriques!

 

  • 8.     Lorsque des élèves commettent des fautes d’orthographe ou de grammaire, quelle est ta réaction ?

Mon rôle est particulier puisque je travaille avec des adultes qui veulent apprendre. C’est une relation normale de cours, sans aucun jugement de valeur, ce dont ils souffrent tous énormément. Tous, absolument tous, souffrent de leurs lacunes et se plaignent de ne pas avoir été bien aidés, guidés, soutenus, encouragés. D’avoir été abandonnés face à leurs difficultés. Critiqués. Lorsqu’une leçon n’était pas comprise ou pas apprise, mauvaise note, on passe à la suivante ! La leçon ne sera jamais sue ! Et on empile ainsi les lacunes.

 

  • 9.     Quelle est ta démarche ?

Avec chaque personne, ou chaque groupe, faire un bilan. On regarde ensemble le point de départ, on détermine ensemble notre point d’arrivée. A moi d’adapter mon enseignement à cette personne ou ce groupe en particulier pour atteindre ce but, dans le temps imparti.

Refaire régulièrement cet exercice. A moi de montrer et valoriser le chemin parcouru, signaler là où doivent porter les efforts. A moi d’expliquer ma méthode. A eux de m’indiquer là où ils n’ont pas bien compris, là où ils souhaiteraient que j’approfondisse, là où ils souhaiteraient des changements ; les critiques sont toujours positives lorsqu’elles permettent de s’améliorer. Et si nous ne sommes pas d’accord, nous nous expliquons. Cette mise à plat régulière est vraiment importante et pourtant jamais faite à l’école.

Encourager. Valoriser.

S’amuser. Rechercher toujours l’intérêt de ce que l’on fait.

Dédramatiser l’erreur, elle est humaine, et nous sommes perfectibles. Toujours montrer le chemin parcouru.

Cela s’appelle de la pédagogie.

 

Et puis :

Reprendre tout au début.

Faire de la grammaire qui est le fondement de la réflexion de la langue.

Répéter. Corriger. Répéter. Corriger. Répéter...

S’amuser.

 

  • 10.  Cela suffit-il à régler le problème ?

Oui.

 

  • 11.  Dans ton article, tu dis qu’il serait temps « de chercher à adapter l’enseignement, à réfléchir à toute la chaîne pédagogique, pour lutter contre la baisse du niveau de l’écrit dans les jeunes générations ». Quelle serait, selon toi, la solution à adopter afin de régler ce problème ?

Il n’y a pas de solution miracle. Il faut s’adapter et à deux niveaux : au primaire et au collège. Il n’y a pas les mêmes besoins. (En plus, selon les populations, les besoins et les compétences ne sont pas les mêmes. La même chose pour tous en même temps est une hérésie utopique ! )

Au primaire, on doit apprendre la langue.

Au collège, on consolide et on utilise.

Et comme le français a une grammaire difficile, on fait de la grammaire. De manière pédagogique. 

Et dans l'enseignement de la grammaire, on revient sur les fondamentaux et l'analyse grammaticale. Cela va à l'encontre de toutes les méthodes actuelles. Aujourd'hui, on travaille en transversal (1). C'est intéressant, mais le problème est que l'on ne consolide pas et cela ne correspond pas à tout le monde. De plus, on ne structure pas la langue donc pas la pensée. Or, le choix actuel est : l'élève doit s'adapter à l'enseignement qui lui est proposé et non pas nous adaptons l'enseignement aux élèves.

Et dès le début, on ne laisse personne sur le côté, c’est scandaleux ! On revient sur ce qui n’est pas su, ni acquis. Il est inutile de chercher à poser une fenêtre lorsque les fondations vacillent et qu’il y a des fentes dans les murs !


Pendant des années, j’ai enseigné le français langue étrangère. Par exemple, en un an, en cours intensifs de 8H par semaine, j’apprenais à des adultes étrangers à parler et à écrire couramment notre langue. Et nous ne serions pas capables d’apprendre à nos enfants à l’écrire alors qu’ils le parlent déjà quotidiennement ?

 


 

(1) L'enseignement transversal est appliqué à toutes les matières. Prenons un exemple simple en langue étrangère. De quoi avez-vous besoin pour acheter votre pain? Connaître un peu de vocabulaire autour du pain, savoir dire bonjour, au revoir, savoir dire: je voudrais ( première personne conditionnel présent), savoir compter, comprendre quelques expressions comme: "Et avec ceci?; Ce sera tout?" Dans l'enseignement actuel, vous savez à peine répondre à la question : "Comment vous appelez-vous?" , on vous apprend déjà: "Je voudrais une baguette." Le but est clair: vous donner les moyens de communiquer le plus rapidement possible. C'est bien. Ainsi, on apprend la première personne de l'indicatif présent de certains verbes, puis la première personne du conditionnel présent  d'autres verbes, et la première personne du subjonctif présent encore d'autres verbes. On saupoudre. Il faudrait après cela que l'on consolide et qu'on apprenne à conjuguer toutes les personnes, de toutes les familles de verbes. Mais non, c'est toujours remis à plus tard! Et beaucoup d'élèves sont perdus. On oublie qu'une langue possède une structure et que sans elle, on ne peut rien construire. On considère que l'on a besoin de savoir ouvrir une fenêtre, mais on oublie que pour tenir, une fenêtre s'appuie d'abord sur des fondations et sur un mur. Par ailleurs, pour une langue étrangère, on oublie également que la personne a déjà acquis une première langue et donc une structure de pensée et qu'il faut aussi s'appuyer sur les savoirs existants pour accompagner son nouvel apprentissage.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:45

 Chantal Robillard

 

 

 

 

 

A moi, conte, deux mots! 

Viens ici dans ma comptine, 

que je te grime,

(     )

                        Ch R.  

 

 

 

 

 


Les sept fins de Blanche-neige  Les sept fins de Blanche-Neige est réédité en poche.

  couv-BN-7-fins-2eme-edition-copie-1 Le Verger éditeur, 3 juin 2011.

 

 

   Chantal Robillard réécrit les contes de fées. Et imagine 7 fins pour une Blanche-neige sans nains! 

C'est délicieux, délectable, savoureux, drôle et tendre, un peu cynique parfois aussi, inventif. 

Les contes sont très différents et nous proposent une relecture contemporaine de ces grands classiques, maintes fois revisités.

En ouvrant son cercueil, Blanche-Neige se libère de son destin et échappe à ses créateurs, refuse un prince-escargot, rencontre 7 paladins et 7 oulipiens, voyage dans le temps, engendre des gemelles, disparaît sous un éboulement et cherche toujours son prince. 

A découvrir pour tout amoureux des mots, pour toute âme d'enfant.

A lire et à relire!



Mais point comme l'oie

Quelque chose clochait. Aucune parole tendrement chuchotée à son oreille. Aucun hennissement de cheval, s'ébrouant impatiemment sous les bouleaux. Rien de ce qu'elle avait prévu n'advenait.

(     )

; tout autour, des nains en céramique de couleurs vives, sans doute criardes sous le soleil...

(     )

Parvenue au fond du paysage, elle souleva délicatement un coin d'herbe tendre. Le sourire aux lèvres, elle disparut sans bruit, vers de nouvelles aventures, dans le blanc de la page.


Le blues du millénaire

La surprise la cloua sur place. Ce n'étaient point les nains, qui étaient assis autour de la grande table familière, mais sept hommes inconnus, aux costumes étranges, armés de plumes, de petits feuillets de parchemin et de grosses chopes de bière. Elle en resta bouche bée.

- "Pérec éméché, sème le vent et prélève ses tempêtes. En sept lettres et en cent, le texte, c'est le pèse-lettres!"


Le couvige allait bon train

A ce moment précis, un bip bip retentit dans la poche de sa combinaison spatiale. C'était la base de la Naine Blanche numéro sept, qui appelait pour un rapport complet sur la situation.

-Village inconnu du centre de la France... Toutes premières années du siècle vingtième , de leur ère. Grande pauvreté. Toujours pas de prince en vue...


Légende de Belle-Chenenge et les sept merles

D'emblée, elle perd ses repères: près des chênes et des mélèzes, elle est enserrée en espèce de tertre de verre, de fer et de cèdre. Spleen. Ecervelée, perd-elle ses défenses? Trêve de pensées revêches, elle ne se berce de regrets, sevrée de ses rêves éternels.

 


En digne oulipienne [1], sous chaque conte, Chantal Robillard cache une clef. Certaines sautent aux yeux, comme Légende de Belle-Chenenge et les sept merles, d'autres non. Dans Le blues du millénaire, la bande de joyeux drilles oulipienne est composée de: 

Jacques Jouet, le plus jeune des 2 Jacques,

Jacques Roubaud, le plus vieux, parfois grincheux,

Paul Fournel, auteur du recueil Les petites filles respirent le même air que nous et de la notice Saint-Florent sur les colonnes du tram de Strasbourg, à la station Saint Florent,

Paul Brafford, compositeur-pianiste-chanteur-scientifique et gd ami de Pierre Dac et Francis Blanche, ses complices de blagues potaches sur ondes radio, dans le temps,

Harry Matthews, Américain,

Hervé Le Tellier, auteur d' Oh le petit roploplot sur les colonnes du tramway de Strasbourg, à propos du personnage d'Anna (l'une des trois séries oulipiennes sur les colonnes du tram),

et Marcel Bénabou,  professeur de latin grec en retraite.

Cette fine équipe a travaillé sur "Troll de tram", les textes oulipiens mis sur la ligne A du tramway de Strasbourg, (partenariat ville de Strasbourg et DRAC Alsace et donc avec Chantal Robillard dans le cadre du 1% culturel). Depuis, ils ont fait bien d'autres travaux collectifs ailleurs en France, dont un mur de la BU de Nanterre, des bancs publics. 

Cette quatrième Blanche-Neige est en outre en neige, et elle fond au sens propre à la fin : c'est la Snegourotchka des contes russes...

Dans Le couvige allait bon train, Chantal Robillard brode un délicat hommage à son ancêtre dentellière.

 

 Voir mes autres billets:  La fontaine aux fées. Chantal Robillard.

Le sirène et la licorne. Chantal Robillard.   

Redonde au gamin têtu. Chantal Robillard.

 

blogs de Chantal Robillard

Blog sur les lectures et lectures-concerts :  http://dessagnesetrobillard.creation-partagee.over-blog.com/

Sur Venise : http://chantalrobillard.over-blog.com/

Sur le Maroc : http://maroc-poemes-de-voyage.over-blog.com/

Bio et bliographie de Chantal Robillard

http://www.m-e-l.fr/Chantal%20Robillard,463

 

[1] OULIPO : Ouvroir de littérature potentielle, créé en 1960 par Le Lionnais, Queneau et une dizaine d’autres. Un écrivain oulipien s’invente des contraintes d’écriture. C'est "un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir". Un labyrinthe de quoi? De mots, de sons, de phrases, de paragraphes, de chapitres, de livres, de bibliothèques, de prose, de poésie, de tout ça...

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 14:49

TNT

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:35

Qui dit cela ?


Ah ! C'est un coup de foudre ! ... – oui, mon règne est passé,


xxxxx ! – renvoyé, disgracié, chassé ! –


Ah ! Tout perdre en un jour ! – l'aventure est secrète


Encor, n'en parle pas. – oui, pour une amourette,


– Chose, à mon âge, sotte et folle, j'en convien ! –


Avec une suivante, une fille de rien !


Séduite, beau malheur !

 

Quelques lignes de plus ?

 

xx x’xxxxx. Et vingt ans d'un labeur difficile,


Vingt ans d'ambition, de travaux nuit et jour ;


Le président haï des alcades de cour,


Dont nul ne prononçait le nom sans épouvante ;


Le chef de la maison de xxxxx, qui s'en vante ;


Mon crédit, mon pouvoir ; tout ce que je rêvais,


Tout ce que je faisais et tout ce que j'avais,


Charge, emplois, honneurs, tout en un instant s'écroule


Au milieu des éclats de rire de la foule !



 

La tirade sans coupure :


Ah ! C'est un coup de foudre ! ... – oui, mon règne est passé,


Gudiel ! – renvoyé, disgracié, chassé ! –


Ah ! Tout perdre en un jour ! – l'aventure est secrète


Encor, n'en parle pas. – oui, pour une amourette,


– Chose, à mon âge, sotte et folle, j'en convien ! –


Avec une suivante, une fille de rien !


Séduite, beau malheur !

Parce que la donzelle


Est à la reine, et vient de Neubourg avec elle,


Que cette créature a pleuré contre moi,


Et traîné son enfant dans les chambres du roi ;


Ordre de l'épouser. Je refuse. On m'exile.


On m'exile ! Et vingt ans d'un labeur difficile,


Vingt ans d'ambition, de travaux nuit et jour ;


Le président haï des alcades de cour,


Dont nul ne prononçait le nom sans épouvante ;


Le chef de la maison de Bazan, qui s'en vante ;


Mon crédit, mon pouvoir ; tout ce que je rêvais,


Tout ce que je faisais et tout ce que j'avais,


Charge, emplois, honneurs, tout en un instant s'écroule


Au milieu des éclats de rire de la foule !



 



 

Don Salluste dans Ruy Blas de Victor Hugo, acte 1, scène 1 .

 


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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 19:25

Si vous connaissez Marseille, si vous ne connaissez pas Marseille, voici l'adresse d'un site pour une visite extraordinaire.

Marseille vue du ciel

Une magnifique visite virtuelle, 360°, à partir de 8 "ballons" différents. C'est extraordinaire.

 


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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 17:03

Conte de fées 1

 

 

Conte de fées 2

 

 

Source : Internet

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Jurée du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud.
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