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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 22:05

Firmin Autobiographie     Actes Sud. Mai 2009.

 

   Firmin est un rat, né dans une librairie à Boston dans les années 60. Il grignote les livres, découvre qu'il sait lire, cesse de les dévorer au propre pour les dévorer au figuré. Petit rat cultivé, isolé, incompris, mal aimé, il acquiert la connaissance, mais cela ne l'aide pas à atteindre son but, c'est à dire communiquer avec les humains.

Les trois personnages principaux, dont la vie tourne autour des livres , ne sont pas épargnés: Firmin est rejeté par sa famille et la voit peu à peu décimée; le libraire est contraint de vendre ses livres et sa librairie; l'écrivain s'oublie dans l'alcool... La solitude les accompagne tous. 

Conte moderne, allégorie du lecteur... un petit livre à déguster au premier degré, à réfléchir au second degré. 

 

Incipit

J'avais toujours imaginé que si, d'aventure, j'écrivais un jour l'histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante: quelque chose de lyrique à la Nabokov, "Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins" ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait ferait défaut, "les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon". Les gens se rappellent ces mots même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec. Mais à mon avis, en matière d'amorce, on a jamais surpassé celle du Bon soldat de Ford Madox Ford: "Voici l'histoire la plus triste qu'il m'ait été donnée d'entendre" J'ai beau l'avoir lue des dizaines de foi, j'en reste encore comme deux ronds de flan. Ford Madox Ford, lui c'était un Grand.

Extraits (de mastication) 

Ingurgité au quotidien-, et dans mon cas, la consommation était quasi continue si l'on compte le léchage des babines pour me débarrasser de l'arrière - goût poisseux - le mets le plus délicat finit par écoeurer. J'ai honte de le dire mais avec le temps, le Grand livre glissait inéluctablement vers le degré insipide de la gamme des saveurs. Je lui trouvais de moins en moins de goût, il devenait ennuyeux, à peine meilleur que du carton, en fait. Il me fallait changer de régime. Et puis je m'étais lassé des passages à tabac réguliers.

(        )

Dans les premiers temps, mon appétit était primitif, orgiaque, imprécis, goinfre - une bouchée de Faulkner, ou une bouchée de Flaubert, je ne faisais pas la différence - , mais il ne m'a pas fallu longtemps pour discerner quelques nuances. J'ai tout d'abord remarqué  que chaque livre avait un goût propre - sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide. (       )

 

 

 

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Published by Pichenette - dans Lectures
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commentaires

Fleur de soleil 30/08/2010 22:26







Fleur de soleil 23/08/2010 16:23



hihi, m'en va le grignoter tiens...



Pichenette 30/08/2010 12:03



Ne deviens pas bibliophage ni encrivore mais firmiphile comme moi!



gourmandise 24/04/2010 11:02



J'ai envie de le dévorer, celui-ci!



Pichenette 24/04/2010 17:55



Bonjour Gourmandise. Heureusement, il est léger, tu n'auras pas d'indigestion. C'est pour les gourmets, Gourmande (ise)!



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Jurée du prix des lecteurs des Ecrivains du Sud.
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